Travailleurs indépendants et professions libérales, de nouvelles réformes entrent en vigueur cette année. Au programme : évolution de l’assiette sociale, nouveaux taux de cotisation maladie, maternité et retraite, refonte du dispositif de formations… Quels sont les impacts pour vous indépendants ? Qu’est-ce qui change pour vos revenus, vos cotisations et votre activité ? Découvrons ensemble les réformes des indépendants.
Une assiette sociale unique pour une couverture renforcée
Adieu les calculs complexes sur deux assiettes distinctes ! La réforme de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, dite « Super Brut », simplifie le calcul des cotisations sociales des travailleurs indépendants. Elle vise à rapprocher ce calcul de celui des salariés, tout en maintenant un niveau de prélèvements stable.
Cette nouvelle loi suit deux objectifs :
- Uniformiser et simplifier l’assiette sociale, en introduisant une base unique de calcul pour l’ensemble des cotisations et contributions sociales
- Améliorer les droits à la retraite des travailleurs non salariés (TNS) grâce à une augmentation ciblée des cotisations retraite
Désormais, le calcul des cotisations s’appuie sur trois critères :
- Le chiffre d’affaires, après déduction des charges professionnelles (hors cotisations et contributions sociales) ;
- Un abattement forfaitaire de 26 % pour prendre en compte les charges non déductibles ;
- Des planchers et plafonds fixés par la loi : l’abattement ne pourra pas être inférieur à 1,76 % du PASS* (soit 828,96 € en 2025) ni supérieur à 130 % du (soit 61 230 € en 2025).
* plafond annuel de la sécurité sociale
Exemple : avec un revenu net annuel de 60 000€, votre assiette de cotisations s’élève désormais à 44 400€ après abattement. Par conséquent, la cotisation d’assurance maladie-maternité est de 8,5 % pour les revenus inférieurs à trois fois le PASS et de 6,5 % pour les revenus supérieurs.
En conclusion, prévoyez une légère hausse de vos contributions. En revanche, vous profiterez d’une amélioration de vos droits sociaux, notamment en ce qui concerne la retraite.
Un nouveau barème des cotisations sociales
Travailleurs indépendants, vous l’aurez compris : afin de maintenir un niveau de prélèvement équivalent, la réduction de l’assiette sociale entraîne en parallèle un changement dans les barèmes de cotisations.
- Cotisation maladie/maternité : le barème est aligné pour tous les travailleurs indépendants, avec des taux progressifs selon les revenus. Le nouveau taux « plein » s’élève 8,5 % pour l’ensemble des travailleurs indépendants
- Cotisation de retraite de base déplafonnée pour les artisans, commerçants et professions libérales non réglementées (consultant, formateur, rédacteur freelance…) : le taux passe de 0,60 % à 0,72 %
- Cotisation de retraite complémentaire des artisans, commerçants et professions libérales non réglementées (développeur, expert foncier, Sophrologue …) : le taux évolue à 8,1 % pour la part plafonnée et à 9,1 % pour la part dépassant le seuil de 1 PASS
- Cotisation de retraite de base plafonnée des professions libérales réglementées (praticiens et auxiliaires médicaux inclus) : le taux passe de 8,23 % à 8,73 %
- Cotisation de retraite complémentaire des professions libérales réglementées relevant de la Cipav : le taux passe désormais à 11 % pour la part plafonnée et de 21 % pour la part dépassant le seuil de 1 PASS
Pour connaître le détail des barèmes en fonction de vos revenus, n’hésitez pas à consulter le site de l’Urssaf ICI
Bon à savoir
Cette modification des taux prendra effet en même temps que la réforme de l’assiette sociale, à compter d’avril 2026 (sur la base de la déclaration des revenus 2025).
Réformes des indépendants : nouvelles garanties et changements à venir
Mais ce n’est pas tout ! Les réformes des indépendants 2025 incluent aussi :
- Un accès à la formation simplifié
En 2024, seulement 27 % des indépendants avaient utilisé leur Compte Personnel de Formation (CPF). En cause, la complexité du processus pour bénéficier d’une formation. Bonne nouvelle, en 2025 le CPF devient plus accessible, à condition de cumuler au moins trois années d’activité continue. En tant qu’indépendant, vous bénéficiez d’un accès élargi aux formations courtes et en lien avec votre activité, via un processus simplifié
- L’abrogation de la réforme de la TVA pour les auto-entrepreneurs
Le gouvernement reporte officiellement à 2026 la réforme qui réduisait le seuil de franchise en base de TVA à 25 000 € pour les micro-entrepreneurs. Les seuils actuels, soit 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services, restent donc en vigueur pour cette année. Ainsi, le chiffre d’affaires réalisé en 2025 sera pris en considération pour déterminer l’assujettissement à la TVA en 2026.
À noter : une nouvelle version de la réforme sera débattue dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2026.
- Soyez vigilants face aux retards de déclaration
Si vous faites vos déclarations en temps et en heure, conservez cette bonne habitude. En effet, les sanctions restent les mêmes. En cas de déclaration tardive, une majoration de 10 % s’applique immédiatement. Ce taux atteint 40 % en cas de mise en demeure et peut aller jusqu’à 80 % en cas de fraude avérée.
De plus, des intérêts journaliers de 0,20 % s’ajoutent aux pénalités. Un conseil : restez vigilants sur les délais de déclaration !
Indépendants, pensez aux contrats santé pour mieux vous protéger
En tant qu’auto-entrepreneur, il est important pour vous de disposer d’une bonne mutuelle santé pour compléter le remboursement de la Sécurité sociale. En effet, personne n’est à l’abri d’une urgence médicale !
Vous souhaitez renforcer votre couverture santé en souscrivant à une mutuelle ? Pour choisir efficacement votre mutuelle, commencez par identifier vos besoins en matière de remboursement. Portez-vous des lunettes ? Avez-vous des besoins en soins dentaires ? Votre mutuelle doit-elle couvrir votre conjoint(e) et/ou vos enfants ? Avez-vous un ou plusieurs enfants en bas âge avec des besoins spécifiques (pédiatrie, orthodontie, etc.) ?
De plus, saviez-vous que votre contrat mutuelle vous ouvre droit à une déduction fiscale ? En effet, les cotisations que vous versez au titre d’un contrat santé dit « Madelin » sont déductibles de votre revenu professionnel, ce qui permet de réduire votre imposition.
Pour tout savoir sur la loi Madelin lisez notre article : Contrat mutuelle Loi Madelin : de quoi s’agit-il ?
