Dans une actualité marquée par une grande instabilité économique et réglementaire, les dépenses de santé continuent de progresser en 2024. Quels sont les soins les plus coûteux ? Quel est le montant moyen du reste à charge ? À l’heure où les parlementaires débattent sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026, voici un éclairage sur les chiffres et tendances à retenir.
Les principales dépenses de santé des Français
Quelles sont les principales dépenses en matière de santé ? D’après la DRESS*, les soins hospitaliers pèsent près de la moitié (47%) des dépenses de santé. Un budget qui ne représente pas moins de 1765 € par personne en 2024 ! Cette hausse s’explique par la nécessité de prodiguer des soins de plus en plus spécialisés et coûteux, mais aussi par l’augmentation des admissions pour des pathologies graves et chroniques. Après les soins hospitaliers, ce sont les soins ambulatoires (30,5%) et les médicaments (14%) qui coûtent le plus cher. La DREES estime en effet que la dépense annuelle de médicaments s’élève à 504 € par habitant.
Les soins dentaires, en revanche, ne représentent que 5% du total des soins et l’optique seulement 3%. Cette part relativement faible pourrait s’expliquer par des remboursements moins avantageux pour ces postes de dépenses, incitant les patients à limiter ces soins jugés non prioritaires.
Au global, les dépenses liées aux soins et biens médicaux ont augmenté de 3,6 % en 2024, soit un budget moyen de 3 723 € par personne. Le reste à charge des ménages, quant à lui, a également progressé, passant de 276 € à 292 €.
Santé mentale : un cout encore sous-estimé
Longtemps reléguée au second plan, la santé mentale représente pourtant un poids économique. Selon une étude relayée par l’Assurance maladie, le coût global des troubles psychiques en France est estimé à près de 24,7 milliards d’euros par an. Une charge principalement assumée par l’Assurance maladie, mais aussi par les employeurs et les organismes complémentaires.
Alors que la demande de prise en charge explose, notamment depuis la crise sanitaire, les dispositifs de prévention restent encore limités. Ce déséquilibre souligne l’urgence d’une approche plus globale de la santé, intégrant pleinement le bien-être psychologique comme un pilier du parcours de soins.
Si ces dépenses en hausse reflètent une situation complexe pour les assurés, les mutuelles sont aussi impactées.
Le saviez-vous ?
Le coût global des troubles psychiques en France est estimé à près de de 13% des dépenses totales de santé par an**.
Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026
Confrontées de leur côté à une hausse de leurs contributions et des transferts de charges, les mutuelles pourraient être sollicitées pour combler le déficit de l’Assurance maladie.
Le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS 2026) prévoit, en effet, des économies massives afin de réduire le déficit à 17,5 milliards (contre 23 milliards en 2025). Actuellement débattues à l’Assemblée nationale, ces économies se traduisent par plusieurs mesures :
1. Hausse de la contribution
Le projet de loi, en cours de discussion à l’écriture de cet article, prévoit d’augmenter la participation financière des organismes complémentaires.
Cette mesure, destinée à réduire le déficit de l’Assurance maladie, amènerait les mutuelles à repenser leurs leviers d’équilibre pour préserver la qualité des garanties proposées.
2. Transferts de charges vers les mutuelles
Le projet envisage des transferts de charges supplémentaires vers les mutuelles. Autrement dit, il s’agit d’imputer aux mutuelles une partie des dépenses de santé supportées jusqu’ici par la Sécurité sociale. Celles-ci seraient mises à contribution pour le financement de certains soins, par exemple les soins hospitaliers.
Une mesure qui pourrait également impacter les tarifs et prestations offertes aux assurés.
Une prise en charge de plus en plus déséquilibrée
Bien que la santé soit l’un des plus importants postes de dépenses publiques, force est de constater que la part financée par la Sécurité sociale a encore reculé en 2024 d’après la DRESS (0,5 point).
A l’inverse, la part financée par les complémentaires augmente chaque année. En 20 ans, leur taxation a ainsi été multipliée par 8. Une spécificité française sans équivalent chez nos voisins européens, qui compromet au final l’accès à une couverture santé pour tous.
MCCI, une mutuelle engagée au plus près de ses adhérents
Dans ce contexte économique et réglementaire en constante évolution, la MCCI met tout en œuvre pour être à vos côtés pendant tous les moments de la vie .
Fidèle à ses valeurs de solidarité, de proximité et d’inclusion, notre mutuelle poursuit son engagement pour rendre les soins accessibles à tous, notamment grâce à des dispositifs d’entraide et de soutien en cas de difficulté, comme le fonds d’entraide MCCI.
* Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques
**Selon une étude relayée par l’Assurance maladie.
